Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 09:47

Je retrouve le William Boyd des "Nouvelles confessions", de "Brazzaville Plage", d'"Un anglais sous les Tropiques", après avoir été un peu déçue par "La vie aux aguets" et "La femme sur la plage avec un chien".

 

"A livre ouvert", c'est l'autobiographie d'un écrivain-journaliste fictif, Logan Mountstuart (j'adore ce nom !), sous la forme de ses carnets intimes.

 

Tout est inventé et tout paraît vrai, d'une manière très troublante, car Logan Mountstuart rencontre au cours de sa vie des personnes célèbres qui ont réellement existé (Hemingway, Picasso...).

William Boyd s'y connaît pour semer le doute et le trouble : en 2002, il a provoqué un scandale suite à la publication d'une biographie de Nat Tate, un artiste peintre dont il avait tout inventé. Il avait même organisé le vernissage d'une expo avec photo, oeuvre, biographie et analyse. Sa plaisanterie a été prise au sérieux et certains prétendaient même avoir connu Nat Tate...

 

Mais je reviens à Logan Mountstuart:

Après ses études à Oxford, il vit à Londres, à New-York, en Afrique...A peu près comme tous les héros de William Boyd.

Sa vie est en dents de scie, passant par des périodes heureuses et par d'autres vraiment tristes.

Le bonheur, la détresse...Quoi que lui réserve le destin, Logan reste toujours réactif, intelligent, dynamique, c'est ce que j'aime en lui et c'est ce qui fait la richesse de sa vie jusqu'à ses vieux jours.

J'en suis arrivée là de ma lecture, je suis plongée dans la vieillesse de Logan Mountstuart, j'ai le coeur serré en lisant chaque ligne...

 

Un petit extrait ?

Logan a 71 ans, il vit à Londres, il est pauvre. Le 31 mai 1976, il retrouve Gail, la fille de son ex-femme new-yorkaise:

 

Je viens de déjeuner avec Gail dans le restaurant de son hôtel près d'Oxford Street. Son mari ne s'est pas joint à nous. Elle m'avait écrit pour m'annoncer qu'elle venait à Londres, me donnant ses dates et me suppliant de lui téléphoner pour fixer une rencontre: "Je t'en prie, Logan, s'il te plaît."

Je suis donc allée voir la petite Gail que j'ai tant aimée. Et j'ai découvert une femme brusque, peu souriante, avec des cheveux blonds décolorés et fumant beaucoup trop. A mon avis, elle n'est pas heureuse en ménage, mais qu'en sais-je, moi l'expert en matrimonie ? De temps à autre, la petite Gail resurgissait en elle, un rare sourire, et aussi quand elle a pointé sa fourchette sur moi en disant: "Tu comprends, Maman était une telle conne." Je lui ai dit que j'allais bien, non franchement, la vie est OK, je me débrouille, j'écris un nouveau roman, non, bien, bien, vraiment bien. Au moment de partir, elle s'est serrée contre moi en disant: "Je t'aime, Logan. Ne perdons pas le contact."

Je n'ai pas pu retenir mes larmes, ni elle les siennes, alors elle a allumé une cigarette et j'ai dit: "Il va bientôt pleuvoir", et nous avons fini par réussir à partir chacun de notre côté.

En écrivant ceci, j'éprouve cette impuissance qui vide, épuise, et que suscite en vous un amour vrai pour une autre personne. C'est à ces moments-là qu'on sait qu'on va mourir. Eprouvé avec Freya, Stella et Gail seulement. Seulement trois. Mieux que pas du tout.

 

Le dernier titre paru de William Boyd est "Orages ordinaires". Je l'ai feuilleté en librairie ( le personnage principal s'appelle Adam), il ne m'a pas vraiment attirée, il me paraît un peu trop proche d'un thriller.

Mais qui sait? Peut-être que je me laisserais tenter.

En tout cas, je suis sûre du prochain livre que je lirai, il m'attend déjà sur ma table de chevet.

C'est "Marie-Blanche" de Jim Fergus.

Une histoire de femmes, cette fois. 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Un blog pour mes filles
  •  Un blog pour mes filles
  • : Mon bloc-notes lifestyle de Maman, Meggie (aka mamie), décoratrice (atelier Augusta et Moi), housewife.
  • Contact

Recherche